03 avril 2025
Reportage de la Croix sur le CBN de Chambéry
À Chambéry, un café des bonnes nouvelles pour faire face à l’actualité morose
Selon le dernier baromètre de La Croix, 41 % de la population attribue son rejet des médias à son angoisse ou à son impuissance face aux informations.
À Chambéry, une poignée d’habitants fait vivre un « Café des bonnes nouvelles », pour prendre le contre-pied d’une actualité anxiogène. Le concept ? Partager des informations positives pour se redonner le sourire et l’envie d’agir.
« Alors, qui a des bonnes nouvelles ? » Voilà comment Sylvie Pambet accueille, micro en main, sourire aux lèvres, la cinquantaine d’habitants réunis devant elle, ce mercredi soir. Pendant quelques secondes, les visages se scrutent, timidement. « Eh bien, dans mon quartier, on a créé une Amep : le but est de partager son surplus d’électricité photovoltaïque pour le donner à une asso qui aide les personnes précaires », se lance un homme au deuxième rang. Comme six fois par an, la MJC de Chambéry (Savoie) accueille le « Café des bonnes nouvelles » : le temps d’une soirée, ce petit collectif citoyen propose de s’extraire au monde des médias traditionnels pour partager des nouvelles positives.
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« On rend service au métier de journaliste en l’expliquant »
Lorsqu’elle lance l’idée, en 2012, Karine Barbeyer, une architecte chambérienne, s’inspire des « cafés déclic », une initiative suisse. « À l’époque, l’actualité n’était pas aussi morose qu’aujourd’hui, mais elle avait l’intuition que ça marcherait, qu’on avait besoin d’espérer », confie Sylvie, reprenant les propos de son amie, décédée avant que le premier café ne voie le jour. Cette optimiste avait tout juste : treize ans plus tard, l’initiative se perpétue sous le même format. D’abord, un « lâcher de bonnes nouvelles », où chaque participant peut faire part de quelque chose dans le monde qui lui a donné le sourire récemment. Ensuite, une série de témoignages inspirants sur une thématique souvent abordée, ailleurs, par un prisme négatif : « Service public, des raisons d’y croire ! », « Pas tout seul face à la mort ».
Bon pour la personne, pour la société, pour la planète
Ce soir, pour parler pouvoir d’achat, Robin, de l’association La Toupie, qui récolte et rénove des jouets, ou encore Marc, du collectif Bricole, qui répare des objets cassés. « Ces bonnes nouvelles ne doivent pas être que des bonnes idées ! », préviennent Yves et François, les deux autres sexagénaires qui complètent l’équipe du collectif. « Ni critiques, ni naïfs », ils ne mettent en lumière que des initiatives qui fonctionnent et répondent à trois critères : bon pour la personne, bon pour la société, bon pour la planète.
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Une forme de journalisme qui vise à redonner le sourire mais aussi un réflexe, « celui de se tourner vers les solutions plutôt que de stagner autour des problèmes ». Selon le dernier baromètre de La Croix, 41 % de la population attribue son rejet des médias à son angoisse ou à son impuissance face aux informations.
Retrouver le moral
Au départ, chaque café attirait plus d’une centaine de citoyens, souvent venus de Chambéry et de villes alentour comme Aix-les-Bains. Le chiffre a légèrement faibli depuis le Covid, mais le besoin n’a jamais été si profond. « Ce midi, j’allume la radio, raconte Sylvie : des adolescents poignardés, le procès de Depardieu, sans parler de l’actualité internationale… »
Ce que confirment les participants du soir. « Moi, je viens pour retrouver le moral ! », lâche Évelyne. Le public est plutôt âgé et habitué, mais une dizaine de personnes viennent aussi pour la première fois. « L’info, en ce moment, c’est l’enfer, témoigne Inès, 23 ans, qui a suivi sa mère. Je me suis dit : tiens ça va te faire du bien ! »
https://www.la-croix.com/culture/a-chambery-un-cafe-des-bonnes-nouvelles-pour-faire-face-a-l-actualite-morose-20250330
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